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Stavelot, 14/01/2007: cascade.




La foi comme don de Dieu


La foi est en tout premier lieu un don gratuit de Dieu. C'est Dieu qui en est à l'origine, c'est lui qui prend l'initiative de nous créer, de nous sauver, de nous rejoindre et de nous rencontrer. Ainsi, la foi constitue une des plus belles preuves de l'amour de Dieu pour nous. Cette grâce divine est accordée à tous les hommes, sans exception. Une telle affirmation peut certes paraître surprenante, dans la mesure où nombreux sont ceux qui disent ne pas avoir la foi. Mais celle-ci est comme une semence qui, en fonction de la terre où elle a été déposée, se trouve à un stade plus ou moins avancé de sa germination et de son développement. Comme nous le verrons plus loin, la qualité de cette terre dépend en grande partie de notre capacité d'accueil de ce don. Fort heureusement, cette capacité d'accueil peut survenir, évoluer et grandir en fonction d'événements et de circonstances de la vie qui, telle une étincelle qui met le feu aux poudres, peuvent embraser ce feu vivant qui est en chacun de nous.


Gouvy, 21/04/2007: hêtre.




Ce don de la foi se manifeste et se réalise de différentes manières. Avant toutes choses, elle résulte du fait que la Sainte Trinité habite, depuis nos origines, au plus profond de notre coeur, de telle sorte que nous vivons de la vie même de Dieu, qui seul peut nous animer. Pour beaucoup d'entre nous, il y a la grâce baptismale qui nous rend pleinement enfants de Dieu et nous unit à lui d'une façon toute particulière. Il y a également la révélation, totalement accomplie en la personne de Jésus-Christ ressuscité, qui nous est donnée par la Parole vivante de Dieu, dans les Saintes Écritures. Ainsi, chaque passage de la Bible que nous lisons s'adresse à nous personnellement dans l'ici et le maintenant de notre vie.



Merkholtz (LU), 17/07/2006: église, détail chaire (Matthieu et Marc).




Il y a aussi la tradition de l'Église, les sacrements qui sont un lieu privilégié de la rencontre avec Dieu, la médiation du témoignage de nos frères et soeurs dans la foi, la prière personnelle... Pour les chrétiens, le lieu par excellence où Dieu se rend présent et vient à notre rencontre est l'Eucharistie. En outre, le peuple de Dieu rassemblé y célèbre sa foi de façon communautaire et ecclésiale. Cette dimension est très importante, car personne ne peut prétendre vivre sa foi tout seul dans son coin: cette foi se reçoit d'autrui, se transmet, se vit collectivement dans ce corps mystique du Christ, qui grandit de jour en jour, et dont nous sommes les membres, qui ne peuvent exister indépendamment les uns des autres, et qui doivent rester rattachés au Christ, la tête de ce corps, qui est notre vraie nourriture et la source de notre vie. Deux textes du Nouveau Testament illustrent magnifiquement bien cette réalité de l'Église: il s'agit du quinzième chapitre de l'évangile selon saint Jean et du douzième chapitre de la première épître de saint Paul aux Corinthiens. J'invite vraiment le lecteur à lire, relire et méditer ces deux textes, à s'en imprégner et à les garder en mémoire: ce sont des trésors précieux.


Grand-Halleux, 24/06/2006: ombellifère.




Enfin, au vu de ce qui précède, et au risque de choquer, j'oserais dire qu'il n'y a pas beaucoup de sens à se qualifier, comme beaucoup le font, de 'catholique non pratiquant', mais ceci n'est bien sûr qu'un point de vue personnel qui se veut respectueux et compréhensif envers ceux qui font d'autres choix. La foi, amputée de sa dimension ecclésiale et coupée de la source des dons qui la nourrissent, ne peut que s'étioler, s'appauvrir et finalement mourir. On me rétorquera sans doute que, si les célébrations liturgiques étaient plus vivantes, l'on y participerait plus volontiers. Indépendamment du fait que l'aspect extérieur d'une célébration n'ôte rien de la réalité de ce qui s'y vit intérieurement (encore faut-il, pour comprendre cela, dépasser le stade du sentiment purement subjectif), n'est-ce pas là retourner le problème pour justifier une certaine paresse? En effet, si tous les non-pratiquants se décidaient à participer aux assemblées dominicales, nos églises seraient bien évidemment à nouveau remplies de fidèles et nos célébrations en seraient d'autant plus vivantes, ferventes et joyeuses.


Diekirch (LU), 16/07/2006: église Saint-Laurent.




La question est donc de définir où l'on place ses priorités: Dieu occupe-t-il, oui ou non, la place centrale qui doit lui revenir dans notre vie? Voulons-nous vraiment vivre de Dieu? Désirons-nous vraiment recevoir et transmettre ses dons et son Amour?


Rencheux, 04/06/2006: hérodium.




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