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Salmchâteau, 18/08/2006: fleurs blanches.




La petite voie de Thérèse


Un des chemins les plus beaux, les plus praticables et les plus accessibles vers la paix et la joie est incontestablement ce que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, carmélite et Docteur de l'Église, appelle elle-même sa « petite voie ». Dans ses Manuscrits autobiographiques, dont je ne puis que recommander vivement la lecture, elle entreprend la description de cette petite voie qui constitua pour elle une intuition fondamentale dans son itinéraire spirituel. Alors que les premiers ascenseurs étaient mis en service, à l'époque, dans les grands hôtels de luxe aux nombreux étages, elle s'inspira de ce progrès technologique pour établir une comparaison: n'existerait-il pas un ascenseur qui nous dispenserait de devoir gravir par nous-mêmes le rude escalier de la perfection et de la sainteté?


Haute-Bodeux, 26/11/2006: hêtre.




Thérèse, consciente de ses faiblesses et de ses limites, se rendit bien vite compte qu'elle n'arriverait pas à s'élever par ses propres forces. Se sentant pourtant appelée par Dieu à cette sainteté, elle comprit alors que c'est Jésus lui-même, Dieu fait homme, qui l'y conduirait, en la portant et en la prenant dans ses bras, pour l'amener jusqu'à lui.



Luxembourg, 09/07/2006: rouge-gorge.



Et pour que cela se fasse d'autant plus aisément, il ne lui restait plus qu'à se faire tout petit enfant, afin d'être plus légère, et à s'endormir, pour que, tel le bébé confiant dans les bras de sa mère, elle puisse s'abandonner totalement, se laissant porter, sans opposer de résistances. Si, à premier abord, l'image peut paraître quelque peu naïve, elle est pourtant pleine d'enseignements, et elle nous indique quel état d'esprit et quel mode de vie peuvent nous aider à trouver ce bonheur auquel nous aspirons tous. Comme pour ce qui est de l'oraison silencieuse, il ne s'agit pas davantage ici d'une attitude passive, car elle exige de la vigilance et un acte de la volonté sans cesse réitéré. La première étape de ce cheminement consiste en effet à poser, avec humilité, un regard lucide sur nous-mêmes, regard qui nous permettra de prendre pleinement conscience de nos faiblesses, de nos limites, de nos pauvretés, de notre péché. Mais cette prise de conscience ne peut en aucun cas nous culpabiliser, nous renfermer sur nous-mêmes, nous décourager, car nous savons bien que Dieu nous a déjà sauvés et libérés de tout cela en Jésus-Christ. Il nous suffit donc d'accueillir ce salut et d'y consentir, en offrant toutes nos misères à son Amour miséricordieux qui nous embrasera tout entiers. Le mot-clé de cette démarche est la CONFIANCE, confiance en ce Dieu dont on se sait aimés et pardonnés. A qui lui fait pleinement confiance, Dieu pourra prodiguer ses dons infinis. Car, dans sa miséricorde insondable et inépuisable, Il peut se servir de nos faiblesses elle-mêmes, voire même de notre péché, s'il est l'occasion d'un repentir, pour les transformer, jusqu'à, dans un paradoxe inouï, les rendre infiniment féconds.



Limont (Anthisnes), 08/09/2006: rosée.



Ainsi en est-il du mal que les onze frères de Joseph avaient dessein de lui faire en le vendant comme esclave aux Égyptiens: Dieu ne l'a-t-il pas finalement tourné en bien, en permettant, de la sorte et par voie de conséquence, à tout le peuple d'Israël de survivre à la famine (Genèse L, 20)? Et n'est-ce pas la cruche d'eau fissurée qui, bien que, arrivant vide à destination et constatant son inutilité par rapport à celle qui est en bon état, arrose le bord du chemin et, ainsi, sans le savoir, ni même le vouloir, fait pousser les fleurs des champs qui embellissent le monde de leurs couleurs et nous embaument de leur parfum?


Ennal, 21/08/2005: pré fleuri.




N'est-ce pas l'écharde que Saint Paul portait en lui qui lui permit de dire que la grâce de Dieu seule lui suffisait et qu'il trouvait sa force dans ses faiblesses (Deuxième Épître aux Corinthiens XII, 7 à 10)? Et le trésor de la gloire et de la lumière de Dieu que nous portons dans les simples vases d'argile que nous sommes n'est-il pas d'autant mieux mis en évidence et, partant, transmissible et communicable, que nous nous effaçons devant Lui (Deuxième Épître aux Corinthiens IV, 6 et 7)? Il n'est nullement question ici de nous dévaloriser, de nous anéantir ou de renoncer à notre identité face à Dieu. Bien au contraire, il s'agit de nous tenir debout devant Lui qui nous a créés dignes de participer à sa divinité, dans un esprit authentiquement filial qui nous permet de nous adresser à Lui en disant: « Père », de telle sorte que, véritablement devenus enfants de Dieu, nous soyons cohéritiers du Christ, avec lequel nous serons glorifiés, puisqu'il nous a appelés et justifiés (Romains VIII, 15-16 et 28-30).


Munshausen (LU), 08/07/2006: fleur rouge visitée par un petit coléoptère.




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