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Bourscheid (LU), 14/07/2006: château-fort, donjon.




Deuxième seuil: la victoire remportée sur Dionysos


Dès le début de ma dépression, j'avais adopté la très mauvaise habitude d'une consommation abusive d'alcool. Si je n'étais pas, à proprement parler, devenu alcoolique, dans la mesure où je pouvais m'abstenir durant plusieurs jours d'affilée, il n'en reste pas moins vrai que, lorsque je me mettais à consommer, et cela se produisait facilement plusieurs fois par semaine, je ne pouvais m'arrêter et j'absorbais des quantités telles que je me demande encore aujourd'hui comment je pouvais les supporter et rentrer chez moi par mes propres moyens. Les motivations de cette dépendance avaient toutefois évolué avec le temps. Initialement, il s'agissait de décompresser par rapport aux contraintes de la vie religieuse. Celles-ci m'étaient en effet apparues comme étant trop fortes, eu égard à ma personnalité très indépendante et compte tenu de celles que j'avais connues dans mon enfance. Ensuite, j'utilisai la boisson comme anxiolytique: consommer me faisait oublier mes préoccupations et me permettait d'échapper à l'oppression de l'angoisse. Dans un stade ultérieur, boire était devenu synonyme de fuite du réel, d'évasion dans le rêve. Une fois franchi le seuil de la responsabilité, c'était devenu comme un besoin compulsif qui n'avait cependant plus aucune raison d'être. Il me fallut pourtant encore plusieurs mois pour réaliser combien ce comportement était destructeur, sans compter le temps, l'argent et l'énergie qu'il me faisait perdre. C'est finalement en avril 2005 que je pris la décision irrévocable de mettre un terme à toute consommation d'alcool et que je m'y tins, à une seule exception notoire près, qui me fit heureusement pleinement comprendre ce que signifie être sous l'emprise de l'alcool, et qui eut pour effet bénéfique de m'en dégoûter définitivement.



Salmchâteau, 14/04/2007: bouleau.



J'avais enfin réalisé que, après le premier verre, ce n'était plus moi qui décidais, mais l'alcool qui décidait en moi et à ma place, et que je perdais alors toute liberté et toute volonté. C'est au même moment que je me résolus aussi, progressivement comme il se doit, à en finir avec ma consommation d'anxiolytiques.



Sart (Lierneux), 26/03/2007: milan royal.



Ainsi débarrassé de mes dépendances, je me sentis comme pousser des ailes, libérant des énergies nouvelles qui pouvaient être utilisées pour réaliser des projets constructifs. J'ai eu alors l'impression de rajeunir de dix ans! J'étais enfin devenu capable de vivre vraiment dans le réel et de travailler sur moi-même à partir de la réalité concrète de mon existence.



Regné, 18/06/2006: fleur jaune.




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