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Coo, 15/04/2007: hêtre.




Troisième seuil: le bonheur inconditionnel conjugué au présent


Après mon départ de la vie religieuse, je m'étais assigné deux objectifs importants pour reconstruire ma vie: trouver une activité professionnelle épanouissante, ma situation antérieure, que j'avais retrouvée, ne m'apportant plus guère de satisfactions, et rencontrer quelqu'un qui fût susceptible de devenir ma future épouse. Je commençai d'abord par déployer une énergie considérable pour réaliser le premier de ces deux objectifs, une énergie telle qu'il aurait normalement pu et dû être atteint, à une dizaine de reprises au moins. Force est de constater que mes efforts ne furent guère récompensés en la matière et que j'accumulai les malchances et les déconvenues, à un degré quasi inimaginable! Je me concentrai alors sur le second objectif, qui s'avéra être encore plus difficile à atteindre, vu le niveau de mes exigences et les obstacles inhérents à mon âge. Après plusieurs dizaines de rencontres, il m'apparut évident que la réciprocité des désirs et des sentiments constituait un phénomène rare. Dans l'un ou l'autre cas, elle se réalisa pourtant, mais ne put aboutir, le plus souvent à cause des inhibitions psychologiques de celle en qui j'avais placé mes espoirs.


(Note ultérieure de l'auteur: à l'heure actuelle, de nouveaux objectifs ont remplacé les deux susmentionnés: interrompre toute activité professionnelle, ce qui suppose de vivre dans une relative pauvreté, pour m'adonner totalement à mes nouveaux projets: pèlerinages (voir rubrique correspondante dans la table des matières de ce site), réalisation d'un ouvrage sur le thème de la nature dans la Bible, activités naturalistes et photographiques).



Vielsalm, 11/12/2004: cygnes, la nuit.




C'est alors que j'eus l'intuition essentielle que, sans abandonner ces deux objectifs qui conservent toute leur importance, il me fallait, à moins de vivre dans une frustration permanente et de perdre confiance en moi, m'en donner d'autres, dont, cette fois, la réalisation ne dépendait plus que de moi. C'est ainsi que je décidai notamment d'écrire le présent ouvrage, à côté d'autres projets, tels la randonnée, la découverte de la nature et la photographie.



Burtonville, 15/10/2006: sous-bois de hêtres.




Outre le fait que cela me procura beaucoup de plaisir et de satisfaction dans mon quotidien, cette intuition eut deux effets qui m'apparaissent comme étant capitaux pour pouvoir mener une existence heureuse. Le premier consiste en la capacité de vivre dans le présent, de goûter chaque instant qui nous est donné, sans se projeter sans cesse dans un futur hypothétique. En effet, à force de rechercher un travail et un conjoint, j'en finissais par négliger ma vie présente, ce qui m'empêchait bien évidemment d'être heureux, puisque je vivais alors toujours sur le mode de l'insatisfaction et de l'attente.



Baraque de Fraiture, 03/06/2007: luzernes.



La deuxième conséquence importante fut de ne plus mettre de conditions à mon bonheur. Je compris alors que le bonheur est quelque chose qui peut se construire chaque jour, dans la liberté, et que celui-ci peut et doit devenir indépendant des circonstances extérieures qui nous échappent.


Bihain, 23/09/2006: coucher de soleil.




Ainsi, il n'appartient plus qu'à nous-mêmes d'être heureux, et le bonheur, qui n'attend que d'être reçu et accueilli, devient un véritable choix, à renouveler chaque jour. Oserais-je dire que, d'une certaine manière, c'est un devoir que d'être heureux, vu que nous sommes destinés à cela, et qu'il dépend de nous de décider de l'être, en nous donnant les moyens d'élaborer notre félicité, au jour le jour. Là réside, à mon avis, le véritable secret du bonheur, la sagesse étant la clef pour y accéder. La paix et la sérénité sont donc offertes à qui osera conjuguer sa vie à l'inconditionnel présent!



Fraiture, 27/04/2007: bugles.



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