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Michel ROSMAN, prêtre (1926-2004).




Oncle Michel


Comme il était ami de mon père dès avant ma naissance, j'ai toujours connu Oncle Michel, que j'appelais ainsi, bien qu'il n'y eût aucun lien de parenté entre nous. Prêtre du diocèse de Malines-Bruxelles, il était, au fil du temps, devenu complètement aveugle, ce qui ne l'empêcha pas de poursuivre son ministère avec ferveur et assiduité. Ainsi, il prêcha de très nombreuses retraites, tant à des laïcs qu'à des religieuses et religieux, y compris en Afrique centrale. Plusieurs fois par an, il se rendait aussi à Lourdes, un lieu très privilégié pour lui, qui devint en quelque sorte sa seconde résidence, et où il animait également de nombreuses sessions. Plus tard, c'est à Beauraing qu'il alla s'établir, pour y exercer spécialement le ministère du sacrement de la réconciliation, auprès des pèlerins. D'une très grande dévotion mariale, il passait alors plusieurs heures par jour en oraison silencieuse, dans la chapelle des sanctuaires.



Munshausen (LU), 08/07/2006: église.



En dépit de la nuit qu'il traversait, notamment de par sa cécité, il vivait dans une très grande confiance en Dieu. C'était un homme plein d'humour, spontané, d'une grande simplicité, et toujours doté d'un sain et profond sens des réalités. Dès mes douze ans, il devint mon confesseur et mon confident, et il le restera jusqu'à sa mort. Tout comme Bon-Papa, il fut aussi, pour moi, témoin de l'amour et de la miséricorde de Dieu. C'est avec lui que j'effectuai la plupart de mes pèlerinages à Lourdes, à Beauraing ou ailleurs, que je fis maintes retraites, et que je participai à des groupes d'approfondissement de la foi. Je le retrouvai ensuite comme directeur spirituel au Séminaire Saint-Paul. Il y eut cependant ces quelques années où, ayant perdu la foi, je pris, à tort, mes distances par rapport à lui. Il avait déjà rejoint Beauraing, quelques mois avant ma conversion, et, bien qu'y résidant aussi, je n'avais pas encore fait le pas de le retrouver. Mais quelle ne fut pas notre joie réciproque, lorsque, fin 1997, au terme d'une célébration eucharistique, je m'approchai de lui et que nous nous embrassâmes comme si nous ne nous étions jamais éloignés l'un de l'autre!



Haute-Bodeux, 26/11/2006: branches de mélèze.



Nos rencontres devinrent alors quasi quotidiennes, jusqu'à mon entrée au Carmel, époque durant laquelle nous continuâmes toutefois à correspondre régulièrement. Il partagea encore les moments difficiles de ma dépression. Lorsqu'il dut quitter Beauraing, la mort dans l'âme, pour être placé en institution, tous deux, nous traversions alors un peu comme la même nuit, ce qui nous rapprocha très fort spirituellement.



Arbrefontaine, 01/12/2006: chemin de croix.



La dernière fois que je le vis, moins d'un mois avant sa mort, il me dit: « Je pressens une issue proche pour toi ». Cette issue, j'en ai l'intime conviction, c'est son intercession qui me la procura: trois semaines après son décès, survenu le 05 mai 2004, je sortis de ma dépression, presque du jour au lendemain, et, deux semaines plus tard, Roland me proposa le logement de Salmchâteau, où j'emménageai presque aussitôt. « C'est là l'oeuvre du Seigneur, la merveille qu'il fit devant nos yeux. Voici le jour du Seigneur: qu'il soit pour nous jour de fête et de joie! » (Psaume CXVIII, 23-24).




Regné, 21/09/2006: coucher de soleil sur le Plateau des Tailles.



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